Livres- « Lost Man » : l’Outback australien de Jane Harper

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أخر تحديث : samedi 21 septembre 2019 - 6:02
Livres- « Lost Man » : l’Outback australien de Jane Harper

LA VIE EN NOIR – Journaliste business pendant plus de treize ans pour le Herald Sun, un tabloïd de Melbourne, Jane Harper se décide un jour à prendre des cours d’écriture! Bien lui en a pris. Succès immédiat pour cette britannique de souche de 38 ans élevée en Australie, et qui sort son troisième roman, « Lost Man », un polar sous le soleil accablant de l’Outback australien. Un vrai coup de chaud littéraire

Dans une discussion sur TEDxBlightStreet avec un accent du cru à couper au couteau, la jeune romancière Jane Harper vous explique qu’elle a écrit trois livres en trois ans. Rien que ça! Avec une candeur et une honnêteté fort sympathique, elle admet qu’au fond, elle voulait écrire un roman qui ferait un tabac et la rendrait célèbre. Elle rigole elle-même de sa propre audace. En réalité, elle est sacrément à prendre au sérieux. Trois livres, un contrat avec un éditeur australien de plus de six chiffres qui lui apporte la garantie d’être publiée dans son pays mais aussi en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Résultat : plus d’un millions de copies vendus dans le monde. La journaliste s’est transformée en romancière à gros succès

La légende du stockman

L’Outback du Queensland australien, un personnage à part entière dans le roman de Jane Harper. Un endroit qui inspire fascination/répulsion. Un endroit où tout est possible. En particulier y laisser sa peau. C’est exactement ce qui est arrivé à Cameron Bright, fermier de son état, et retrouvé pas encore desséché mais bien mort, sur une piste sablonneuse, au pied de son 4×4. A côté de la tombe du stockman, là où même les bêtes du coin ne traînaient jamais, un endroit au milieu de nulle part, un endroit pour mourir. Le stockman, la légende idiote racontée aux enfants du coin. Une histoire censée se dérouler dans les années 1890 qui parle d’un revenant, « un voleur de bétail », qui hante l’Outback

Mais que faisait Cameron, lui le fermier aguerri aux conditions les plus dures, averti des caprices climatiques de cet environnement pas toujours friendly? Son frère Nathan s’interroge. Le frangin connaissait trop bien les lieux pour s’aventurer sans soupape de sécurité. Et d’ailleurs, il en avait. Le contenu de son véhicule le prouve. Victuailles et bidons d’essence, Cameron, Cam, n’avait pas l’intention de mourir, le flic se trompe lorsqu’il évoque un suicide. Oh non. Cam n’était pas le genre à en finir avec la vie

L’atmosphère s’alourdit, la température monte encore, pas un souffle de vent, l’intrigue s’obscurcit

Il y a aussi Bub, le troisième frère, le « mate », celui qui vivait avec Cam, sur la ferme, celui dont on dit qu’il est lent. Le trio fraternel n’est plus vraiment uni, l’a-t-il jamais été? La découverte de l’intrigue avance. On apprend que Nathan vit seul sur un terrain de sept cents kilomètres carrés et quelques cinq cents bêtes. A trois heures de route de chez son frère. Une fois, il s’est même retrouvé bloqué, à cause du temps, plus de cinq semaines chez lui. De quoi devenir dingue. Pas lui. « Faut être préparé, c’est tout », explique-t-il au flic, le sergent Ludlow, qui s’est déplacé de Brisbane pour enquêter

La solitude, demande-t-il, à Nathan. « On s’y fait. » « Partout où se portait le regard, ces terres se déployaient sans fin, ouvertes et profondes, jusqu’au désert. Une mer de néant, parfaite. Si quelqu’un cherchait l’oubli, c’était le bon endroit pour le trouver. » L’atmosphère s’alourdit, la température monte encore, pas un souffle de vent, l’intrigue s’obscurcit. Le contexte psychologique prend tout son sens

? A qui la graine du mal

Vivre et mourir dans l’Outback. Le fil conducteur du troisième roman de Jane Harper. La solitude, étouffante, le vide, les liens qui se font ou ne se font pas, les kilomètres de route à perte de vue, sans voir âme qui vive. Peut-on alors dans ce contexte compter sur sa famille? La romancière détricote la cellule familiale, la met à nue, personne n’est vraiment ce qu’il paraître être. La solidarité est une illusion. Mère Nature achève toujours les plus faibles, la famille fait de même. La force l’emporte, celle de Carl, le père violent qui aime mater ses fils

A l’un, il ordonne de brûler son objet préféré, ce sera la guitare pour Nathan, à l’autre ce sera un livre, puis, deux puis cinq. Puis tout. « Demande pardon à ton père, implore, Liz la mère ?  » Le fils et son géniteur s’affrontent. A qui ce dernier a-t-il transmis la graine du mal ? Nathan dérive doucement après le départ de sa femme, après sa grande Faute. Bub vit sous le joug de son frère Cam qui lui-même a épousé Lise, une jolie fille qui passait par là, un jour de leur jeunesse et qui trouva que « l’Outback australien, c’était cool, l’impression d’être au bout de la terre. » A-t-elle épousé le bon frère? Cam le joli coeur, celui qui sait s’y prendre avec les femmes

Sur la ferme, il y a aussi ce couple de backpackers anglais, Simon et Kathy, qui débarquèrent un jour. Que sait-on d’eux? Si peu. Kathy qui finit par craindre Cam. Tiens donc, vraiment, Cam le séducteur. Et puis il y a ce coup de fil, cette femme qui cherche à parler à Cameron. Ce dernier se tend comme un arc, il faut remonter le temps, celui de leur jeunesse à tous, celui de la vérité. Jane Harper a écrit trois polars, elle se réserve aujourd’hui le droit de ne pas s’enfermer dans un genre. Soit. Et qu’importe au fond. On suivra le fil de sa plume là où elle nous emporte. Loin très loin, sous le soleil de la mort et de la solitude du bout du monde. De l’Outback australien

Lost Man par Jane Harper, Traduction de David Fauquemberg, Editions Calmann/Noir, 400 pages, 21,90 euros

Par Karen Lajon / lejdd.fr + Free Opinions Culture

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