#Livres. Avec « Les victorieuses », Laetitia Colombani fait l’éloge de la sororité

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أخر تحديث : samedi 6 juillet 2019 - 2:21
#Livres. Avec « Les victorieuses », Laetitia Colombani fait l’éloge de la sororité

Auteure du roman à succès « La Tresse », Laetitia Colombani situe son deuxième ouvrage, « Les victorieuses », au coeur du Palais de la Femme à Paris, lieu d’accueil dédié aux femmes malmenées par la vie

Laetitia Colombani est scénariste, réalisatrice et comédienne. Elle a écrit et réalisé deux longs-métrages, « À la folie… pas du tout » avec Audrey Tautou et Samuel Le Bihan et « Mes stars et moi », avec Kad Merad, Catherine Deneuve et Emmanuelle Béart. Elle écrit aussi pour le théâtre. Son premier roman, « La Tresse », paru aux éditions Grasset en 2017, connaît un incroyable succès, il est vendu à plus d’un million d’exemplaires. En cours de traduction dans le monde entier, il est également en phase d’adaptation cinématographique. Son nouveau livre, « Les victorieuses », est paru il y a quelques semaines aux éditions Grasset

Les victorieuses raconte plusieurs histoires en parallèle: celle de la construction en 1926 du Palais de la Femme, lieu immense situé dans le XIe arrondissement de Paris et celle, fictive, de Solène, une avocate qui vit un burn-out après le suicide d’un de ses clients. Pour se reconstruire, Solène est envoyée en tant qu’écrivain public au Palais de la Femme, où elle recueille les récits des résidentes. Ces deux destins sont intimement liés. Dans le roman, les notions d’entraide et de solidarité sont très présentes car ces femmes victorieuses sont aussi des femmes solidaires

La Tour de Babel des démunies

Avec « Les victorieuses », Laetitia Colombani souhaitait faire connaître le Palais de la Femme, cette sorte de Tour de Babel où sont accueillies des femmes du monde entier. « Je voulais montrer quelles sont les interactions de ces femmes entre elles, dans cette petite communauté internationale du Palais où la sororité et la solidarité sont des valeurs fondamentales », explique l’auteure à la RTS

Laetitia Colombani a découvert ce lieu extraordinaire totalement par hasard. Perdue un jour dans le XIe arrondissement de Paris, elle est attirée par ce bâtiment gigantesque, dont elle s’approche pour lire des plaques apposées dans l’entrée. Elle découvre alors qu’il s’agit d’un bâtiment géré par l’Armée du salut et qu’il est dédié aux femmes depuis presque cent ans. Mue par la curiosité, Laetitia Colombani débute des recherches sur le bâtiment puis rencontre les personnes qui y logent, dans le but d’écrire un nouveau roman

La Palais de la Femme, dans le XIe arrondissement de Paris. Mbzt – CC-BY-SA

Entendre les voix des femmes

Au Palais de la Femme, plus de 600 chambres accueillent des femmes en grande difficulté. « J’avais envie d’entendre les voix de ces femmes qui y habitent en tant que résidentes. Qu’est-ce que cela signifie de vivre en foyer lorsque l’on vient du bout du monde, que l’on a connu la rue ou la prostitution? Je voulais aussi entendre les voix des personnes qui les encadrent et les accompagnent », révèle l’auteure.

Laetitia Colombani.

Je me suis mise dans une posture d’attente. J’ai attendu que ce soient les femmes qui viennent me parler et me livrer ce qu’elles avaient envie. Je n’ai pas été rechercher moi-même des témoignages ou des éléments personnels. Je ne voulais en aucun cas voler ou déposséder les habitantes du Palais de leurs substances

Laetitia Colombani, auteure de « Les victorieuses » aux éditions Grasset

Pour composer ce récit, dans lequel personne ne pourra se reconnaître, la romancière s’inspire d’éléments de témoignages et d’anecdotes recueillies au Palais de la Femme. Elle relate également dans son ouvrage l’histoire vraie du Palais, qui créé grâce à la pugnacité d’une officière de l’Armée du Salut, Blanche Peyron

Un financement participatif avant l’heure

Révoltée par la situation des femmes qu’elle voit errer dans les rues du Paris des années 1920, Blanche Peyron lance une grande souscription pour racheter cet immense bâtiment vide en plein Paris, le rénover et en faire le plus grand lieu d’accueil de France pour les femmes. Cette gigantesque levée de fonds connaît un succès inespéré et engendre des millions de francs qui lui permettent d’acquérir ce qui deviendra le Palais des Femmes. Cette épopée datant de 1926 est racontée dans Les victorieuses

Pour Laetitia Colombani, la rédaction de ce deuxième roman lui a ouvert les yeux sur une réalité qu’elle connaissait mal. « Une femme sans-abri dans la rue est une proie. Alors que les hommes se regroupent, les femmes préfèrent rester seules et se cachent, parce qu’elles ont peur. A travers le parcours de Solène, je voulais montrer la fin de l’indifférence et donner envie d’agir. Je crois que l’on peut chacun faire quelque chose, à des niveaux différents », conclut-elle.

Propos recueillis par Laurence Froidevaux/RTSCulture

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