La Tunisie entre dans une nouvelle séquence de sa trajectoire post-révolutionnaire

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أخر تحديث : mercredi 11 septembre 2019 - 9:28
La Tunisie entre dans une nouvelle séquence de sa trajectoire post-révolutionnaire

Tribune. Avec le décès du président Béji Caïd Essebsi, le 25 juillet, a disparu le dernier représentant de la génération des disciples directs d’Habib Bourguiba, l’homme dont les réformes ont façonné la Tunisie postcoloniale

C’est une des raisons pour lesquelles la présidentielle de 2019, dont le premier tour aura lieu le 15 septembre, ne ressemble pas à celle de 2014. La référence au premier chef de l’Etat tunisien d’après l’indépendance était alors omniprésente. M. Caïd Essebsi n’avait cessé de se réclamer de son héritage durant la campagne qui l’avait conduit à la victoire, regroupant, sous la bannière de son parti, Nidaa Tounès (« l’appel de la Tunisie »), le camp dit « moderniste », tétanisé par la perspective d’une victoire de la mouvance islamiste, soupçonnée de vouloir démanteler les acquis bourguibiens

Une affiche du candidat du parti islamiste Ennahda à la présidentielle tunisienne, Abdelfattah Mourou, à Tunis, le 2 septembre. ZOUBEIR SOUISSI / REUTERS

En cinq ans, le paysage politique tunisien a changé. D’un côté, la formation fondée par le défunt chef de l’Etat s’est scindée en plusieurs chapelles concurrentes, dont la plupart ont un candidat à la prochaine présidentielle mais dont aucun ne porte de discours structuré capable de mobiliser les citoyens. De l’autre, le parti islamiste Ennahda dit avoir renoncé à son ambition d’imposer à la société un cadre juridique et un mode vie inspirés de l’idéologie des Frères musulmans. Son candidat à la présidentielle, Abdelfattah Mourou, et ses principaux responsables jurent aujourd’hui que leur formation est un simple parti conservateur dont les valeurs s’inspirent de la religion, comme il en existe dans quantité de vieilles démocraties. L’affrontement entre modernistes et islamistes, qui avait naguère monopolisé le champ politique et donné lieu à des débats passionnés sur le modèle de société appelé à dessiner les contours de la Tunisie de demain, n’occupe donc plus le devant de la scène

Du coup, la référence au « bourguibisme » – cette version tunisienne de la modernité sociétale – est pratiquement absente des débats, et la présidentielle d’aujourd’hui n’a rien d’un face-à-face entre politiciens plus ou moins issus de la matrice moderniste et candidats de l’islam politique recyclés – officiellement du moins – en conservateurs musulmans

Par Sophie Bessis Historienne – lemonde.fr

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