Du Liban au Chili, de Bolivie en Irak, l’inépuisable colère des peuples

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أخر تحديث : mercredi 30 octobre 2019 - 6:51
Du Liban au Chili, de Bolivie en Irak, l’inépuisable colère des peuples

De nombreux peuples sont en colère. Du Chili au Liban, d’Irak à Hong Kong, en passant par Haïti ou l’Algérie, des mouvements contestataires ont éclaté cette année. Tour d’horizon de ce qui a déclenché ces révoltes, et de ce qui les rassemble

Qu’ils soient économiques ou politiques, des éléments différents ont déclenché les révoltes actuelles. Dans plusieurs pays, ce sont des mesures touchant directement au coût de la vie qui ont été l’étincelle de départ

Des manifestants au Chili contre le gouvernement de Sebastian Pinera.. ALBERTO VALDES – Keystone

Tout comme en France avec le mouvement des « gilets jaunes », c’est la hausse du prix de l’essence qui a été la goutte de trop en Equateur, en poussant les manifestants à prendre d’assaut le siège du gouvernement, jusqu’à ce qu’un accord soit trouvé

En Equateur, des manifestants ont bloqué des routes avec des pneus et des arbres pour protester contre la hausse des prix des carburants. Ivan Alvarado – Reuters

À Haïti, c’est une pénurie de carburant qui a amplifié la colère de la population fin août, déjà excédée par l’inflation et la corruption. Les manifestants exigent la démission du président Jovenel Moïse

Un manifestant Haïtien s’oppose aux forces de l’ordre dans une manifestation demandant la démission du président. Andres Martinez Casares – Reuters

Au Chili, c’est l’augmentation du prix du ticket de métro qui a fait exploser la colère de centaines de milliers de Chiliens et de Chiliennes. Suite à de violents affrontements dans la capitale, l’armée a été déployée et un couvre-feu instauré. Le président Sebastian Piñera a promis un remaniement total du gouvernement

Un manifestant brandit un drapeau du Chili face aux canons à eau, dans la capitale Santiago, ce 26 octobre. Rodrigo Abd – Keystone

Au Soudan, le prix du pain a déclenché une contestation le 19 décembre 2018, qui a duré huit mois, et fait plus de 250 morts. Sous la pression, le président Omar Al-Bachir a été démis de ses fonctions et un accord signé entre l’armée et les contestataires. Des élections sont prévues en 2022

Des manifestants demandent depuis des semaines, notamment dans la capitale Khartoum, que les militaires remettent le pouvoir à un gouvernement civil au Soudan. Umit Bektas – Reuters

Au Liban, c’est une taxe sur les appels WhatsApp qui a déclenché la protestation le 17 octobre dernier. La population n’a pas digéré cette entrave supplémentaire d’un gouvernement jugé corrompu et inefficace. Malgré le retrait de cette taxe, les Libanais et Libanaises exigent le départ de la classe politique, avec le slogan: « Tous, ça veut dire tous! » Mardi, le Premier ministre Saad Hariri a donné sa démission

Des manifestants au Liban s’opposent à la police à Beyrouth, le 19 octobre. Mohamed Azakir – Reuters

Dans d’autres régions, ce sont des causes politiques qui ont été déclencheurs de révolte. Cela a été le cas à Hong Kong, avec un projet de loi sur les extraditions en Chine. En Algérie, avec l’annonce d’un 5e mandat d’Abdelaziz Bouteflika. En Bolivie, suite au dépouillement de l’élection présidentielle

En Irak, l’étincelle est partie le 1er octobre du limogeage du général Abdelwahab al-Saadi, considéré comme un héros dans la lutte contre le groupe « Etat Islamique ». Dans ce pays où un jeune sur quatre est au chômage, la colère s’est rapidement muée en soulèvement exigeant la chute du régime, jugé corrompu. La répression, particulièrement brutale, a fait plus de 240 morts et 8000 blessés en un mois

En Espagne, le 14 octobre passé, la condamnation de neuf leaders indépendantistes a ravivé la colère des Catalans et Catalanes, deux ans après l’échec d’une tentative de sécession. Les manifestations contre cette décision de justice ont dégénéré en affrontements, faisant près de 600 blessés

Une manifestation pour l’indépendance de la Catalogne après la condamnation de leaders indépendantistes en Espagne. Pau Barrena – AFP

Un même ras-le-bol

Malgré les différences nationales, presque tous ces mouvements de contestation ont pour point commun un ras-le-bol général. La population est excédée par le chômage, par la corruption, par l’accroissement des inégalités, mais surtout par une élite qui s’accapare les richesses

Pas seulement économique, la crise est aussi souvent démocratique. Ces peuples n’ont plus confiance en leurs politiques et réclament un changement de dirigeants et de système

Pour les citoyens, l’Etat n’est plus avec eux mais contre eux », analyse Geoffrey Pleyers, sociologue et professeur à l’Université de Louvain. « Avec l’accaparement des richesses par les élites, et parfois par l’Etat, il y a l’idée qu’une caste supplante le peuple, et qu’elle ne peut pas être délogée malgré les élections, quand il y en a. La différence est toujours plus marquée entre « eux », le gouvernement qui défend les intérêts des grandes entreprises, et « nous », le peuple

Free Opinions News via RTSinfo

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