Arabie saoudite. Un an après l’assassinat de Jamal Khashoggi, des militants lui rendent hommage en continuant le combat pour la liberté d’expression

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أخر تحديث : mercredi 2 octobre 2019 - 8:53
Arabie saoudite. Un an après l’assassinat de Jamal Khashoggi, des militants lui rendent hommage en continuant le combat pour la liberté d’expression

Un an après l’exécution extrajudiciaire de Jamal Khashoggi, des citoyens saoudiens rendent hommage à son action en poursuivant le combat pour leur droit inaliénable à la liberté d’expression, malgré la répression des autorités et le manque de volonté d’amener les responsables de son assassinat à rendre des comptes, a déclaré Amnesty International le 2 octobre 2019

Tous les beaux discours sur le fait d’assumer la responsabilité de l’homicide de Jamal Khashoggi sonnent creux s’ils ne sont pas assortis de la libération immédiate et inconditionnelle des dizaines de personnes qui croupissent en prison et sont exposées au risque de torture et d’autres mauvais traitements, uniquement pour avoir exprimé leur opinion de manière pacifique , a déclaré Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International

Tous les beaux discours sur le fait d’assumer la responsabilité de l’homicide de Jamal Khashoggi sonnent creux s’ils ne sont pas assortis de la libération immédiate et inconditionnelle des dizaines de personnes qui croupissent en prison et sont exposées au risque de torture et d’autres mauvais traitements, uniquement pour avoir exprimé leur opinion de manière pacifique

Lynn Maalouf, directrice des recherches sur le Moyen-Orient à Amnesty International

Amnesty International a recensé au moins 30 cas de prisonniers d’opinion qui purgent actuellement des peines comprises entre cinq et 30 ans de prison uniquement pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression, d’association et de réunion pacifique. Parmi eux figurent Mohammad al Qahtani, membre fondateur de l’Association saoudienne des droits civils et politiques (ACPRA), qui militait en faveur de la protection et de la promotion des droits humains et apportait une aide juridique aux familles de détenus, et Waleed Abu al Khair, un avocat qui représentait des défenseurs des droits humains avant d’être incarcéré. Mohammad al Qahtani et Waleed Abu al Khair ont comparu devant le tribunal antiterroriste, qui les a condamnés à 10 et 15 ans de prison respectivement en raison de leur travail pacifique en faveur des droits humains

L’annonce de Mohammed ben Salmane, qui affirme assumer la responsabilité du meurtre de Jamal Khashoggi, ne sera qu’un coup de communication raté si elle n’est pas assortie d’une action déterminée, concrète et immédiate

Lynn Maalouf

À l’occasion du premier anniversaire de l’exécution extrajudiciaire de Jamal Khashoggi, des militants saoudiens à l’étranger lancent, avec le soutien d’Amnesty International, une série de podcasts intitulée « The Great Saudi Arabia », qui met l’accent sur différentes questions de droits humains prégnantes en Arabie saoudite. La première série retrace l’histoire de Jamal Khashoggi. Au cœur de cette initiative, la volonté des militants de montrer à chacun en Arabie saoudite et dans le monde en général que la répression si dure soit-elle ne les dissuadera pas d’exprimer leurs opinions, de raconter leur propre histoire et de poursuivre le combat en faveur de la libération d’autres défenseurs des droits humains qui paient le prix fort pour s’être exprimés

« Ce podcast présentera une plateforme très utile aux journalistes, aux intellectuels et aux militants saoudiens pour contrer la propagande et la campagne de désinformation des autorités. Elle offrira aux citoyens saoudiens une parole rare et libre sur des sujets tels que la participation publique, l’état de droit, le féminisme et d’autres questions liées aux droits fondamentaux », a déclaré Hala al Dosari, universitaire et défenseure des droits humains saoudienne

Selon des articles parus la semaine dernière sur un documentaire diffusé dimanche 29 septembre, le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a reconnu pour la première fois sa responsabilité dans le meurtre de Jamal Khashoggi,  parce que c’est arrivé sous [s]a direction 

L’annonce de Mohammed ben Salmane, qui affirme assumer la responsabilité du meurtre de Jamal Khashoggi, ne sera qu’un coup de communication raté si elle n’est pas assortie d’une action déterminée, concrète et immédiate. Il s’agit de mettre fin promptement à la répression, de libérer tous les défenseurs des droits humains et de laisser circuler librement dans le pays des observateurs indépendants de la situation des droits humains, entre autres pour observer et rendre compte publiquement du procès en cours pour le meurtre de Jamal Khashoggi , a déclaré Lynn Maalouf

Absence de transparence

Jamal Khashoggi aurait été étranglé quelques instants après être entré dans l’enceinte du consulat d’Arabie saoudite en Turquie, le 2 octobre 2018. Le rapport de l’ONU publié en juin 2019 par la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les exécutions extrajudiciaires, sommaires ou arbitraires, Agnès Callamard, a conclu que le journaliste a été victime d’« une exécution extrajudiciaire pour laquelle l’État d’Arabie Saoudite est responsable aux termes du droit relatif aux droits humains ». L’Arabie Saoudite a refusé de coopérer avec Agnès Callamard lors de son enquête

Free Opinions – amnesty.org

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