Algérie : Un an après le début du mouvement Hirak, les activistes languissent en prison

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أخر تحديث : mercredi 26 février 2020 - 10:09
Algérie : Un an après le début du mouvement Hirak, les activistes languissent en prison

 En Algérie, des dizaines de manifestants et d’activistes sont toujours en prison un an après le début des manifestations en faveur de la démocratie, a déclaré aujourd’hui Human Rights Watch. Nombre d’entre eux seront jugés en février et mars 2020. Après les élections présidentielles de décembre 2019, les autorités ont remis en liberté de nombreux activistes incarcérés, mais des figures emblématiques du mouvement emprisonnées depuis septembre ou octobre derniers se trouvent toujours derrière les barreaux

Selon le Comité national pour la libération des détenus, créé le 26 août par des activistes et des avocats qui suivent de près les procès, au moins 173 manifestants sont actuellement jugés pour des accusations découlant de leur participation pacifique à des manifestations ou de leur activisme. Le 16 février, la police d’Alger a interdit à des groupes actifs au sein du mouvement Hirak de tenir une conférence de presse dans un hôtel de la capitale

 Un an après le soulèvement, les Algériens appellent toujours à un changement démocratique et au respect de leurs droits fondamentaux , a déclaré Eric Goldstein, directeur adjoint de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch.  Les autorités algériennes ont toujours recours à leurs vieilles tactiques répressives, creusant le fossé entre les dirigeants et le peuple qui a été aux origines du soulèvement

Le 22 février 2019, des millions d’Algériens sont descendus dans les rues de la capitale pour exiger que le président d’alors, Abdelaziz Bouteflika, quitte ses fonctions. Très vite, le mouvement protestataire, connu sous le nom de Hirak en arabe, s’est répandu à travers le pays. Après la démission de Bouteflika en avril, le mouvement s’est poursuivi par l’organisation de vastes manifestations dans plusieurs villes du pays appelant à une gouvernance davantage inclusive et au boycott de toute élection présidentielle sans négociations préalables sur la forme qu’elle revêtirait. Les autorités ont organisé l’élection présidentielle en décembre 2019, remportée par Abdelmadjid Tebboune, sans tenir compte des demandes des manifestants

Après avoir initialement tenté de réprimer les manifestations, les autorités ont changé de cap, choisissant de les tolérer pendant quelques mois. En juin, les autorités ont commencé à arrêter de manière plus agressive des manifestants et, en septembre et octobre, plus de 13 chefs de file du mouvement protestataire ont été arrêtés et poursuivis. Décrétée en 1991, l’interdiction des manifestations dans la capitale reste en vigueur et la police a fréquemment recours aux arrestations arbitraires pour mettre fin aux rassemblements. Le 14 février, les forces de sécurité ont dispersé la foule dans le quartier Mohamed Belouizdad à Alger et procédé à l’arrestation de dizaines de personnes

Après son élection, le président Tebboune, qui fut Premier ministre sous Bouteflika, a déclaré être ouvert à un dialogue avec le mouvement Hirak, annonçant que le gouvernement consoliderait la démocratie, l’État de droit et le respect des droits humains 

Depuis janvier, les tribunaux ont autorisé la remise en liberté de dizaines d’activistes, certains à titre provisoire, d’autres après leur acquittement ou parce leur peine avait été purgée. Pourtant, malgré les promesses du nouveau président, les tribunaux continuent de poursuivre les manifestants pour leur participation à des rassemblements pacifiques et ont refusé les demandes de remise en liberté provisoire de figures du mouvement comme Abdelwahab Fersaoui, le président du Rassemblement Action Jeunesse ( RAJ), Karim Tabbou, un dirigeant politique, et Fodil Boumala, journaliste et activiste, tous emprisonnés pour des chefs d’accusation relatifs à leur participation à des manifestations pacifiques

Les accusations les plus courantes auxquelles sont confrontés les manifestants emprisonnés sont « participation à un rassemblement illégal » en vertu de l’article 97 du code pénal et « atteinte à l’intégrité du territoire national » en vertu de l’article 79

Depuis l’élection présidentielle, les autorités ont réagi de manière variable aux manifestations. Ils ont toléré de vastes rassemblements dans la capitale et les grandes villes, mais la police a parfois tenté de disperser des petits rassemblements. Le 14 février, dans le quartier algérois de Mohamed Belouizdad, les forces de sécurité ont encerclé un groupe d’une trentaine de manifestants qui se dirigeaient vers le centre-ville pour la manifestation hebdomadaire du vendredi. Ils ont contraint des dizaines de personnes à monter à bord de fourgons de police et dispersé la foule. Le 17 février, la police d’Alger a dispersé des centaines de manifestants, principalement des étudiants participant à la marche étudiante hebdomadaire

Dans un contexte particulièrement préoccupant, le 10 février, le ministère de la Justice a ordonné, apparemment par mesure de rétorsion, le transfert d’un procureur, Mohamed Sid Ahmed Belhadi, à El Oued, à 600 kilomètres au sud d’Alger, après que celui-ci a exhorté un tribunal d’Alger à acquitter 16 manifestants, uniquement poursuivis selon lui pour avoir exercé leur droit à la liberté de réunion. L’Union nationale des magistrats algériens a qualifié ce transfert de « punition politique et de représailles » vis-à-vis du procureur pour les propos qu’il avait tenus

Ce transfert semble violer le principe même de l’indépendance judiciaire consacré par les conventions internationales et régionales, tels que les Directives et principes sur le droit à un procès équitable et à l’assistance juridique en Afrique, adoptés par la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples. Ces principes autorisent la suspension ou le transfert de juges uniquement dans des circonstances exceptionnelles et selon des critères objectifs étroitement définis, ou dans le cadre d’un système de rotation ou de promotion régulière, et interdisent les transferts punitifs de juges 

Par hrw.org

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