Afrique : un mois de ramadan sous le signe du coronavirus

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أخر تحديث : mercredi 29 avril 2020 - 6:38
Afrique : un mois de ramadan sous le signe du coronavirus

Ce mois de jeûne n’aura pas la même saveur pour les musulmans africains : entre confinement strict, crise économique et soutien aux plus démunis

Le Maroc instaure un couvre-feu nocturne pour le ramadan

À partir de ce samedi 25 avril, premier jour du ramadan au Maroc, il sera « formellement interdit aux citoyens de se déplacer hors de leur domicile ou sur la voie publique » entre 19 heures et 5 heures locales, déclare le ministère de l’Intérieur dans ce communiqué. « Les autorités locales et les services sécuritaires veilleront à l’application des mesures de contrôle strict », ajoute le texte. Traditionnellement, pendant le ramadan, les Marocains sortent en foule dans les rues après la rupture du jeûne pour se rendre à la mosquée, prendre un café ou se promener dans les rues. Le conseil des Oulémas, l’institution religieuse officielle, a émis cette semaine une fatwa appelant à respecter le confinement pendant le ramadan, « la préservation de la vie contre tous les périls primant du point de vue de la charia (la loi islamique, NDLR), sur tout autre acte, y compris la réunion pour les prières ». Plus de 61 000 personnes ont été interpellées lors des contrôles, selon le dernier bilan officiel. Le non-respect des restrictions de déplacement est passible d’un à trois mois de prison et/ou d’une amende équivalente à 115 euros

Couvre-feu allégé en Libye, en Tunisie et en Algérie

L’Algérie, la Tunisie et la Libye ont annoncé l’allègement pour le mois de jeûne musulman du ramadan, des couvre-feux décrétés en raison de l’épidémie du Covid-19. En Libye, le confinement a été remplacé par un couvre-feu de 18 h à 6 heures locales pendant dix jours, a annoncé le gouvernement d’union nationale (GNA) basé à Tripoli et reconnu par l’ONU. Jusque-là, le confinement, en place depuis une semaine, n’avait été que peu respecté par les habitants de ce pays en guerre

Les autorités tunisiennes ont elles raccourci de deux heures le couvre-feu nocturne imposé depuis le 22 mars. Il débute désormais à 20 heures locales, soit 19 heures GMT

En Algérie, dans la wilaya (préfecture) de Blida, près d’Alger, où ont été enregistrés les premiers cas de nouveau coronavirus, le confinement a été levé, laissant place à un couvre-feu de 14 à 7 heures locales. Et dans les neuf wilayas les plus touchées par la pandémie, dont celle de la capitale, les couvre-feux ont été réduits de deux heures

Confinement allégé à Kano, au Nigeria à la veille du ramadan

Les habitants de Kano, mégalopole du nord du Nigeria et capitale millénaire de l’Islam, ont été autorisés vendredi à sortir pour acheter des vivres grâce à un allègement du confinement en place contre le coronavirus à l’occasion du 1er jour de ramadan. Les autorités avaient décrété un confinement total dans cette ville de plus de 4 millions d’habitants à partir du 16 avril, pour empêcher la propagation de la maladie de Covid-19, provoquant une polémique sur la fermeture des mosquées et l’interdiction des prières collectives

À la dernière minute, le gouvernement local a décidé d’une journée de relâche du confinement, de 6 heures du matin jusqu’à minuit, pour permettre aux habitants de faire des stocks de nourriture avant les semaines de jeûne. Toutefois, les principales mosquées de la ville restent fermées à Kano, où l’immense majorité de la population est composée de musulmans très pratiquants et où la Charia, la loi islamique, est en vigueur. « Jamais je n’aurais pu imaginer que Kano aurait suspendu ses prières du vendredi pour deux semaines consécutives », s’étonne encore Usman Sani, assis sous un arbre devant sa maison. La semaine dernière, des fidèles avaient défié l’ordre de confinement pour se rendre dans des mosquées qui avaient refusé de suspendre la prière du vendredi. Quinze imams ont été arrêtés depuis, a annoncé le porte-parole de la police Haruna Abdullahi. Le Nigeria recensait vendredi près de 1 000 cas officiellement déclarés d’infection au coronavirus, et 31 décès, mais de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le nombre insignifiant de tests réalisés dans le pays le plus peuplé d’Afrique avec ses 200 millions d’habitants

Le calme est revenu au Niger

Le calme régnait pour la première rupture du jeûne du ramadan à Niamey après les émeutes de protestation contre le couvre-feu et l’interdiction des prières collectives, décrétés pour lutter contre la propagation du coronavirus, ont constaté des journalistes de l’AFP. Dans le grand quartier populaire de Lazaret, épicentre des émeutes de dimanche et lundi, les gens se sont pressés pour rejoindre leurs maisons avant la rupture du jeûne à 19 h 10 locales soit 18 h 10 GMT alors que les traditionnels vendeurs d’eau chaude ou glacée, de couscous ou de dattes étaient dans la rue. Comme depuis le début de la crise, peu de personnes portaient un masque, trop cher pour certaines bourses, mais pourtant obligatoire à Niamey depuis le 10 avril. Les forces de l’ordre étaient discrètes après les émeutes qui ont éclaté entre le 17 et le 19 avril dans la capitale après des mouvements semblables de protestation dans le reste du pays. Plus de 200 personnes avaient alors été arrêtées

Les autorités ont lâché du lest mercredi, allégeant le couvre-feu qui est désormais en vigueur de 21 heures à 5 heures du matin (20 heures et 4 heures GMT) », au lieu de 19 à 6 heures, ouvrant ainsi un créneau horaire permettant la rupture du jeûne hors couvre-feu. « On sait qu’il est impossible de lever totalement le couvre-feu, donc le fait de l’assouplir, on peut dire Alhamdoulilah (« merci Allah »). Dans tous les cas, pendant le ramadan, les gens achètent de quoi rompre le jeûne avant la tombée du jour, donc pouvoir vendre jusqu’à 21 heures, c’est déjà bon », affirme Idi Moussa, boucher à Lazaret. Sous le couvert de l’anonymat, un habitant estime lui que les émeutes sont l’œuvre de « jeunes vivant de vente dans l’informel la nuit et de militants d’associations musulmanes qui n’ont pas compris l’intérêt des mesures » contre la propagation du coronavirus. Le Niger enregistre 671 cas de coronavirus avec 24 décès, selon un bilan officiel publié jeudi soir. Le pays a déjà décrété l’état d’urgence, fermé les frontières, les lieux de culte et les écoles, et isolé la capitale du reste du pays

Appel à la charité

À Bamako, à Mogadiscio, à N’Djamena, à Dar es Salaam, au Caire et au Cap, au cours de ce mois, les musulmans jeûneront du lever au coucher du soleil et s’engageront dans des actes de dévotion et de charité. Le ramadan est l’occasion de réfléchir sur les valeurs d’humilité, de simplicité, de sacrifice et de solidarité , a déclaré le président Cyril Ramaphosa, président en exercice de l’UA, ajoutant que « malheureusement, le ramadan ne sera pas cette année comme il était l’année dernière. Nous sommes dans l’ombre d’une urgence mondiale de santé publique. La pandémie de coronavirus n’a laissé aucune région du monde intacte. » Le président Ramaphosa a indiqué qu’un « certain nombre de pays ont imposé des mesures pour contenir la propagation du virus », ce qui « signifie que de nombreuses traditions du ramadan comme la prière à la mosquée, le pèlerinage de la Omra et la visite de la famille et des amis n’auront pas lieu 

Si nous voulons lutter contre cette pandémie, nous devons rester unis et respecter les dispositions en place pour protéger notre santé et celle des autres. À une époque où des millions de personnes sont confrontées à la faim, au dénuement et à la misère, les actes de bienfaisance accomplis pendant le ramadan sont plus que jamais nécessaires. Ce sera un chemin long et difficile pour restaurer notre société », a-t-il déclaré

 L’esprit de don et de charité continuera d’être nécessaire pendant longtemps. En tant qu’Africains, nous sortirons de cette épreuve avec une nouvelle conscience. Nous comprendrons, et peut-être plus que jamais, notre grand devoir d’aider et de soutenir ceux qui ont moins de chance. Comme le dit le saint Coran, si quelqu’un sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité tout entière. Que ce mois béni soit un moment où nous renforçons les liens de solidarité qui existent entre nous, Africains

L’OMS publie une série de recommandations pour le ramadan

Les restrictions imposées dans la plupart des pays contraignent les mosquées à demeurer portes closes et l’« iftar », le repas quotidien de rupture du jeûne, un moment habituellement convivial voire festif, ne peut pas être partagé comme le veut la coutume en famille ou entre voisins. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé aux pays « d’empêcher un grand nombre de personnes de se rassembler dans des lieux associés aux activités du ramadan, tels que les lieux de divertissement, les marchés et les magasins ». Si le confinement empêche les festivités, il ne dispense pas les musulmans « en bonne santé » de jeûner « comme les années précédentes », temporise l’OMS. Les patients atteints du Covid-19 sont en revanche appelés à consulter leurs médecins concernant la pratique du jeûne « comme ils le feraient pour toute autre maladie », ajoute l’organisation

L’OMS publie une série de recommandations pour le ramadan

Les restrictions imposées dans la plupart des pays contraignent les mosquées à demeurer portes closes et l’« iftar », le repas quotidien de rupture du jeûne, un moment habituellement convivial voire festif, ne peut pas être partagé comme le veut la coutume en famille ou entre voisins. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a demandé aux pays « d’empêcher un grand nombre de personnes de se rassembler dans des lieux associés aux activités du ramadan, tels que les lieux de divertissement, les marchés et les magasins ». Si le confinement empêche les festivités, il ne dispense pas les musulmans « en bonne santé » de jeûner « comme les années précédentes », temporise l’OMS. Les patients atteints du Covid-19 sont en revanche appelés à consulter leurs médecins concernant la pratique du jeûne « comme ils le feraient pour toute autre maladie », ajoute l’organisation

L’Afrique du Sud va légèrement assouplir son confinement en mai

Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a annoncé jeudi que son pays commencerait peu à peu à assouplir les mesures de confinement à partir du 1er mai, alors que l’Afrique du Sud recense 75 décès liés au Covid-19. Le gouvernement a déterminé les mesures qui devront être mises en place en fonction de la situation de la pandémie dans le pays, a-t-il assuré. Dans le cadre de ce plan, le pays sera soumis à une échelle allant de 1 à 5. L’Afrique du Sud est aujourd’hui placée au niveau 5, soit le plus haut, ce qui nécessite un confinement national pour freiner la propagation du nouveau coronavirus. À partir du 1er mai, on passera au niveau 4, ce qui signifie que certaines activités seront autorisées en respectant des précautions extrêmes. Au cours du confinement de niveau 4, selon le président Ramaphosa, les frontières demeureront fermées. Les transports publics continueront de fonctionner sous restrictions. Aucune circulation entre provinces ne sera autorisée, à l’exception du transport de biens et dans des circonstances extraordinaires telles que des obsèques. « Nous avons choisi ce plan parce qu’il y a encore beaucoup d’inconnues sur le taux de propagation du virus et la façon dont il se propage au sein de notre population », a expliqué le président, ajoutant que les scientifiques avaient averti qu’une réouverture de l’économie sans restrictions « pourrait causer une résurgence massive des infections ». Les ministres définiront quels pans de l’économie rouvriront en mai et comment se déroulera cette nouvelle étape du confinement

Maurice se prépare à un déconfinement progressif

Après une stabilisation du nombre de personnes infectées par le nouveau coronavirus, la république de Maurice va entrer dans un déconfinement progressif, a annoncé vendredi soir le Premier ministre Pravind Jugnauth en rappelant que ce confinement doit prendre fin le 4 mai prochain. Il a expliqué en conférence de presse que les mesures prises par les autorités avaient porté leurs fruits avec aujourd’hui un taux de rémission dépassant largement le nombre de cas actifs au Covid-19. En effet, on ne recensait vendredi que 34 cas actifs pour 285 cas de rémission. Le nombre de décès est toujours de neuf, alors que le nombre total de personnes ayant contracté le virus est de 331. Cet étalement est rendu nécessaire pour la mise en place des différentes mesures sanitaires sur les lieux de travail, a expliqué le chef du gouvernement mauricien. « Jusqu’ici les choses se sont plutôt bien passées, mais nous devons rester vigilants », a-t-il prévenu. « C’est pourquoi, a-t-il continué, l’accès aux commerces d’alimentation continuera de se faire selon un ordre alphabétique et avec les mêmes normes d’hygiène. Par ailleurs, les restaurants, bars, snacks et autres lieux de loisirs resteront encore fermés pour le moment. Les écoles seront également soumises à ces mêmes règles. L’une des priorités à la reprise sera le vote de la loi Covid-19 qui réglementera la vie dans l’archipel après le déconfinement », a-t-il conclu

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